Becoming Karl Lagerfeld
Becoming Karl Lagerfeld, cette série évènement du pluvieux printemps/été 2024 diffusé par Disney + a reçu des critiques plutôt positives par les plumes des rédactions cinématographiques et mode. En tant qu’admiratrice inconditionnelle du créateur, je suis assez sceptique.
En 2019, Karl Lagerfeld a tiré son ultime révérence. Seule la mort a contraint cet homme workaholic à d’éternelles vacances. Je me souviens de Cara Delevingne défilant maquillée de ses larmes lors du dernier défilé Chanel imaginé par ce génie allemand. Depuis, tout le monde a écrit des biographies plus ou moins émouvantes sur sa vie. La meilleure de toute ça va mon cher Karl ? » signée par son chauffeur …
Cette année, sa vie a été réimaginée pour nos écrans. Au début de chaque épisode, nous sommes averti.es que ce biopic est « librement inspiré » et par conséquent certaines situations n’ont pas eu lieu.
Je comprends le message, consciente de la pudeur de Karl Lagerfeld sur sa vie privée mais dans ce cas, pourquoi ne pas retracer son histoire avec les éléments connus du grand public ? L’implication de Raphaëlle Bacqué dans la création de la série m’a mis la puce à l’oreille. La journaliste avait publié un livre méprisant sur l’univers de Karl et celui de la Haute Couture. Le même regard arrogant qu’on retrouve au fil des épisodes.
Karl Lagerfeld ne s’énerverait jamais
Revenons à la série. Karl dessine principalement pour Chloé et il se bat afin que l’enseigne obtienne le statu de Haute Couture. Il est constamment en confrontation avec Pierre Berger qui ne cesse d’alimenter la compétition entre son rival et Yves Saint Laurent.
Mise à part ces querelles intéressantes, la série n’est rythmée que par la relation tumultueuse que Karl entretient avec Jacques de Becher. Et c’est décevant. Bien que le jeune homme ait une importance dans sa vie, j’imagine mal Karl Lagerfeld s’occupait constamment de la vie de son amant en se mettant colère à chaque excès. De leur idylle platonique, nous ne connaissons que le profond amour qu’ils partageaient. Jusqu’à ce que le Sida emporte Jacques de Bascher, Karl Lagerfeld restera à ses côtés. Il aurait même demandé un lit supplémentaire dans la chambre du malade. Selon l’ouvrage « Karl et moi » de Baptiste Giabiconi, le Kaiser serait calme mais ferme en toutes circonstances.
Je salue tout de même l’excellent jeu d’acteur de Daniel Brühl et de Théodore Pellerin, endossant respectivement les rôles de Karl Lagerfeld et de Jacques de Bascher.